Dans une enquête internationale menée le CIGI (Centre for International Governance and Innovation), un organisme de recherche basé au Canada, la plupart des personnes interrogées étaient contre la notion de “darknet”. L’échantillon de l’enquête était composé de 24.000 internautes de différents pays dont l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, l’Égypte, la Corée du Sud, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, Hong Kong, l’Inde, l’Indonésie, l’Italie, le Japon, le Kenya, le Mexique, le Nigeria, le Pakistan, la Pologne, la Suède, la Tunisie, la Turquie, etc.
Le darknet est confronté à une opposition hostile dans des pays tels que l’Inde, l’Indonésie et le Mexique. Près de 80% des personnes interrogées dans ces trois pays sont d’avis que le darknet doit être supprimé. Plus de 72% des personnes interrogées aux États-Unis et en Australie partagent des points de vue similaires en ce qui concerne le darknet.
Par rapport à la surveillance, plus de 26% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles n’avaient aucune confiance dans les pratiques de surveillance dites indépendantes ou gouvernementales. Les répondants ont affirmé que les agences de surveillance indépendantes ne devraient pas être autorisées à surveiller les communications d’un utilisateur.
En revanche, 8,47% des répondants en moyenne estiment que les agences de surveillance devraient avoir le droit de surveiller les activités en ligne des internautes. Les répondants, qui sont favorables à une surveillance du gouvernement sont notamment en Tunisie (27%) et au Pakistan (21%).
La plupart des personnes qui ont participé à l’enquête ont interprété le darknet comme une source de vulgarisation.
Il est intéressant de noter que la plupart des internautes qui ont participé à l’enquête n’avaient aucune notion de sécurité et confidentialité sur internet, surtout encore moins des différents moyens de se protéger. Plus de 60% des internautes américains ont déclaré que les entreprises technologiques n’ont en aucun cas le droit de surveiller les internautes qui téléchargent leurs applications.
Il est assez surprenant que 70% des personnes interrogées dans le cadre de l’enquête soient d’avis que les agences de surveillance externes devraient avoir le droit d’accéder aux informations des citoyens pour une raison valable, comme la sécurité nationale. En parallèle, seulement 30% des répondants n’étaient pas d’accord. La notion de raison valable varie selon les internautes interrogés.
L’un des aspects les plus intéressants de l’enquête est que les répondants de Turquie (45%) et du Brésil (41%) n’avaient pas confiance dans les stratégies de surveillance des gouvernements. Ce pourcentage est assez élevé par rapport à d’autres pays développés comme les États-Unis (31%), la France (29 %) ou encore l’Australie (25%). Les répondants de quatre pays, dont la Corée du Sud, l’Allemagne, Hong Kong et le Japon (40% pour être précis), ont témoigné de leur méfiance à l’égard du gouvernement d’accéder aux données personnelles des internautes.
Les résultats de cette enquête mettent en évidence le fait que les citoyens ont une opinion différente de celle de leurs gouvernements respectifs, surtout lorsqu’il s’agit de leur propre vie privée et de leur sécurité sur internet. Ils ont tendance à soutenir la surveillance gouvernementale que lorsqu’il existe une raison valable dans le cadre de la sécurité nationale.




